Grenelle de la santé bucco-dentaire

L’UNECD était présente à Paris le jeudi 28 janvier au Grenelle de la Santé bucco-dentaire, organisé par l’Ordre National des Chirurgiens-Dentistes.

Ce rendez-vous incontournable réunissant tous les acteurs de la profession constitue le prolongement la campagne “Sauvons nos dents” lancée par l’Ordre en mars 2015.

Cette journée était divisée en, deux parties :

  • le matin, 5 ateliers avaient pour but de dégager des axes de réflexion autour des thèmes suivants : démographie, prévention, cabinet du futur, financement/soins pour tous et formation initiale.
  • l’après-midi, une séance plénière était organisée afin de faire le point sur les réflexions des différents groupes et d’ouvrir le débat sur les thèmes abordés.

En ouvrant la séance plénière de ce Grenelle, le président de l’ordre des chirurgiens-dentistes, Gilbert Bouteille, a égrainé longuement les maux qui hantent depuis de longs mois l’esprit des praticiens et minent leur vie professionnelle. « Nous voulons aujourd’hui mettre un terme à ce « dentiste bashing », a-t-il lancé. Mais il ne suffit pas de dire. Nous devons formuler des propositions concrètes pour changer les choses. C’est l’esprit de ce Grenelle ».

Voici l’essentiel des propositions exposées lors de cette journée :

Formation initiale

  • Aller vers une plus grande « médicalisation » de la formation, développer la recherche fondamentale en multipliant les postes de praticiens hospitaliers ;
  • Renforcer les partenariats entre l’Université et les praticiens pour favoriser la formation « en alternance » ;
  • Introduire la notion d’équipe médicale dès la formation initiale incluant les nouvelles compétences des assistantes dentaires (qu’il reste à définir après leur entrée au Code de la santé) ;
  • Clarifier les relations chirurgiens-dentistes / prothésistes parfois mises à mal par les nouvelles technologies.

Démographie

  • Adaptation de la démographie en fonction des besoins réels des territoires, le numerus clausus au niveau national ne pouvant répondre à tous les besoins ;
  • Création d’une année de tutorat post formation dans les zones sous dotées, une « année civique » ;
  • Renforcer le contrôle du niveau de formation des praticiens à diplôme étranger, revoir le « minimum décent » nécessaire.

Prévention

  • Sortir du curatif pour aller vers la médecine orale en 6 P : préventif, prédictif, participatif, personnalisé, de preuve, de plaisir ;
  • Favoriser la transversalité dans les programmes de formation de la filière santé (médecins, sages-femmes,…) pour permettre une prise en charge globale incluant le chirurgien-dentiste ;
  • Créer de nouveaux métiers (éducateur / animateur) en santé orale en lien avec les réseaux de soin, renforcer les messages de prévention.

Cabinet du futur

  • Accompagner les praticiens dans la révolution numérique, y compris dans la formation initiale, pour leur permettre d’aller vers un cabinet de groupe, connecté mais toujours ouvert sur l’humain;
  • Favoriser une organisation en réseau avec les patients, les autres professionnels de santé et l’hôpital. Aller vers une démarche qualité puis une certification des cabinets.

L’ensemble des propositions des groupes de travail fera l’objet d’un « Livre Blanc » publié dans quelques semaines.

Financement et accès à la santé bucco-dentaire

L’ensemble des participants, unanimes, y compris les financeurs présents, assurance maladie et organismes complémentaires (manquaient les pouvoirs publics), concluent au « changement de paradigme nécessaire ». Le système est à bout de souffle. L’équilibre financier des cabinets dentaires, reposant sur des tarifs de prothèse significatifs compensant des tarifs de soins indécents, n’est plus tenable. Vers quel modèle se tourner alors ? Pas de proposition sur ce point. Mais ce sera l’objet des prochaines négociations conventionnelles.

  • Amplifier le financement de la prévention en prenant en charge de nouveaux actes comme des tests salivaires.
  • Réfléchir à l’amélioration du suivi du patient notamment au-delà de 18 ans (consultations spécifiques).
  • Mieux valoriser les soins précoces et conservateurs, les praticiens garantissant la qualité de soins.
  • Réorienter la pratique sur les soins prothétiques et travailler à la fois sur leur niveau de prix et leur prise en charge.
  • Réfléchir à la responsabilisation financière des patients (bonus / malus).
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